Pinocchio de Mattotti & Enzo D'Alò
En 2010, je retrouve les studios d’animation Walking The Dog. Dans le monde du cinéma d’animation, des changements s’opéraient.
Le premier changement notable par rapport à la production précédente sur laquelle j’avais travaillé, à savoir Titeuf, le film, était l’introduction des tablettes Cintiq et du logiciel d’animation Toon Boom. En effet, Titeuf, le film fut ainsi la dernière production d’animation sur papier sur laquelle j’ai pu travailler.
L’autre changement concernait la rémunération. Il faut savoir qu’avant cette production, le travail d’animateur 2D était rémunéré à l’approbation. Qu’est-ce que cela signifie ? En pratique, voici comment se déroulaient les choses : pour entrer dans une production, un test d’animation était demandé. Une fois le test passé et réussi, vous receviez des plans d’animation avec un salaire brut alloué à chaque plan.
Ce montant était calculé sur base du type d’animation (full anim, micro anim, cycle…), du nombre de personnages, de la complexité, etc. Par exemple, si un plan était payé 500 euros, que vous mettiez un seul jour ou dix jours à le réaliser, votre salaire restait de 500 euros pour ce plan, pas un euro de plus.
Il fallait également que le plan soit approuvé par le chef d’animation de l’équipe, mais aussi par le directeur d’animation. Dans les faits, les plans validés réussissaient rarement à passer les deux approbations du premier coup. En général, le plan revenait avec des RTK (retakes).
Cela signifiait que votre salaire était très variable et dépendait de vos performances, mais aussi de la bonne disposition du directeur d’animation.
Je me souviens d’une animatrice qui, sur Brendan et le Secret de Kells, devait animer une scène importante et complexe. Cette scène lui revenait sans cesse. Elle en pleurait, car son salaire ne rentrait pas.
Ce mode de paiement était vraiment barbare. Sur la production de Pinocchio, un système hybride fut proposé. Si je me rappelle bien, un salaire de 500 euros était assuré par la production, et le reste dépendait des approbations. Mais cet entre-deux fut vite abandonné pour arriver à quelque chose de plus sain : un salaire journalier.
Je pense que les animateurs d’aujourd’hui n’imaginent pas la chance qu’ils ont d’être payés à la journée prestée, même si les systèmes de quotas sont toujours d’application. L’assurance d’un salaire convenable est un changement significatif.
Résumé du film Pinocchio D’Enzo D’alo
Dans cette adaptation du célèbre conte de Carlo Collodi, le menuisier Geppetto fabrique une marionnette en bois qui prend vie et devient le petit Pinocchio. Curieux et désobéissant, le pantin se laisse entraîner dans une série d’aventures et de mésaventures, entre tentations, mensonges et mauvaises rencontres. Guidé par la Fée aux cheveux bleus et son désir de devenir un vrai petit garçon, Pinocchio devra apprendre l’honnêteté, le courage et la responsabilité pour grandir.
À propos du film
Fiche technique :
Réalisation : Enzo D’Alò
Scénario : Enzo D’Alò (d’après l’œuvre de Carlo Collodi)
Année : 2012
Genre : Animation, Aventure, Familial
Pays : Italie, France, Luxembourg, Belgique
Durée : 84 min
Musique : Lucio Dalla