Les Triplettes de Belleville
Ma première expérience professionnelle dans l’animation
Ma première expérience professionnelle dans l’animation s’est faite sur le film » Les triplettes de Belleville » de Sylvain Chomet. Pour un étudiant fraîchement sorti de l’école, pouvait-on rêver mieux ? Je venais de terminer mes études à la Cambre et je vivais alors à Bruxelles, non loin de la station Horta et de la place Morichar.
De temps à autres, en rentrant chez moi, je croisais Benoît Féroumont, qui vivait lui aussi dans le quartier. Benoît était sorti de la Cambre avant moi, c’était un bon animateur. Je me souviens que lorsque je voyais ses films dans la salle de projection du Vandevelde, j’étais ébloui par son style simple et efficace.
Un jour, nous échangions quelques mot et il me dit qu’il allait bosser comme chef animateur sur l’équipe belge des Triplettes de Belleville. Il me proposa alors de me présenter au studio pour passer un test, se souvenant de mes animations d’étudiant.
L’équipe Belge d’animation sur les triplettes de belleville
Benoit Feroumont me proposa alors de me présenter au studio pour passer un test, se souvenant de mes animations d’étudiant. C’est alors que je me rendis au studio Art Dog (devenu plus tard Soil Production), dirigé par le producteur Geert Van Goethem. J’y réussis le test et fus engagé comme assistant animateur. J’eus ainsi le privilège de participer à ce magnifique film d’ d’animation. Nous étions une petite équipe, jeunes et beaux
Quelques noms des artistes que j’ai rencontrés à l’époque : (Benoît Féroumont, Christelle Coopman , Marie-Laure Guisset, Elie Klimis, Vanessa Crahay, Joke Eycken,
Pieter Vanluffelen, Olivier Goka , Corinne Kuyl)
Pour l’anecdote, notre studio était situé en face du studio Walking the Dog, qui, à l’époque, ne travaillait que sur de la 3D. C’est d’ailleurs eux qui ont réalisé les bateaux, les voitures et les vélos du film. Un mélange d’animation 3D et 2D avait notamment été utilisé pour les cyclistes, ce qui apportait une richesse visuelle particulière au projet.
C’est aujourd’hui un chouette souvenir… Je me souviens des tables lumineuses avec les réglettes d’animation, des crayons bleus de qualité et des porte-mines… L’odeur du papier et des crayons taillés. Sylvain Chomet ne voulait pas que les personnages en arrière-plan soient dessinés en grand pour être ensuite réduits, afin de conserver la même épaisseur de trait sur l’ensemble du plan. Du coup, parfois, c’était un travail de précision. Je me souviens d’un personnage avec des béquilles… Elles étaient si fines que je devais tailler ma pointe toutes les deux secondes pour ne pas que mon trait grossisse.
le 11 septembre 2001…
L’autre événement marquant sur cette production, c’est le jour des attentats du 11 septembre 2001. Je me souviens que Benoît était aux aguets, assis devant les chaînes d’infos qui diffusaient en non-stop les images de l’avion qui s’était écrasé dans le World Trade Center… Puis un deuxième… Chacun notre tour, nous nous extrayions de nos sièges et de nos tables lumineuses pour aller devant le seul ordinateur de la salle. Et là, nous étions tous les yeux écarquillés devant YouTube qui diffusait en direct…
Je me souviens être rentré chez moi en scooter, la boule au ventre, avec la peur d’une guerre mondiale qui planait. J’avais l’impression que ma vie pouvait être bouleversée à jamais si cela arrivait. C’était un sale coup pour l’humanité, ce jour-là.
Enfin bref, revenons à la technique. Pour les jeunes animateurs qui tomberaient sur ce récit, sachez que les tablettes Wacom Cintiq n’existaient pas encore, et Toon Boom non plus. On faisait nos line tests sous de petites caméras sur pied, branchées à un PC. Le logiciel utilisé à l’époque était “Ernest”. Une fois les dessins mis au modèle, ils étaient tracés, ensuite intervallés et numérisés, puis seulement mis en couleur. C’était la technique de travail que j’ai utilisée jusque Titeuf le film. Ensuite sont arrivés Toon Boom et les Cintiq, et ce fut une révolution. Mais pour moi… les feuilles et le crayon m’ont toujours manqué par la suite.
Résumé du film Les Triplettes de Belleville
Le film Les Triplettes de Belleville, réalisé par Sylvain Chomet et sorti en 2003, raconte l’histoire de Champion, un petit garçon adopté par sa grand-mère, Madame Souza. Après avoir remarqué sa passion pour le cyclisme, elle l’a entraîné intensivement jusqu’à ce qu’il devienne un coureur prometteur du Tour de France. Pendant une étape, Champion est enlevé par deux hommes mystérieux.
Sans hésiter, Madame Souza et son fidèle chien Bruno partent à sa recherche. Leur quête les mène de l’autre côté de l’océan, jusqu’à la mégapole imaginaire de Belleville, où ils rencontrent les Triplettes de Belleville, trois stars excentriques du music-hall des années 1930. Ces dernières décident d’aider Madame Souza et Bruno à retrouver Champion.
Quatre linetest de l’epoque !
À propos du film
Les Triplettes de Belleville est un film d’animation franco-belge-canadien-britannique réalisé par Sylvain Chomet. Il se distingue par son style graphique très stylisé en 2D, son univers rétro inspiré des années 1920–1930, et par l’usage limité des dialogues : l’histoire se raconte avant tout par la musique, les bruitages et les expressions visuelles.
Le film a été saluté par la critique, notamment pour son esthétique unique et son approche visuelle originale. Il a reçu plusieurs nominations prestigieuses, notamment aux Oscars du meilleur film d’animation et à la nomination pour la meilleure chanson originale.